Genève: Expulsion illicite des squats de la Tour et du Rhino
Par _ le mercredi 11 juillet 2007, 14:21 - Squat RHINO - Lien permanent

Communiqué de presse RHINO – 11 juillet
Le collectif RHINO exprime son profond dégoût devant l’expulsion illicite des habitants du 4, rue de la Tour. Les méthodes que nous dénoncions la semaine dernière ont été mises en œuvre, dans le dédain le plus profond de la dignité humaine, pour mettre 11 personnes de plus à la rue, sans solution de relogement.
En Suisse, selon le Tribunal Fédéral, nul ne peut être expulsé de son logement sans jugement, et Daniel Zappelli n’est pas un juge. Le Procureur Général a donc ordonné une opération illégale, c’est pourquoi nous réclamons sa démission : le garant de l’Etat de Droit de notre canton ne saurait trahir sa fonction en passant outre les compétences des tribunaux.
Genève, capitale mondiale des Droits Humains, de la Justice et de la Paix ? Cette appellation vient de lui être retirée pour longtemps par les agissements irresponsables du Procureur Daniel Zappelli. Parlons de Genève capitale de la spéculation, du mépris des personnes, et de la compromission des garants de l’Etat de Droit.
Nous demandons au Conseil d’Etat de se prononcer formellement et sans ambiguïté sur l’illégalité de telles expulsions. Nous lui demandons également de prendre une position claire sur le futur proche des habitants de RHINO et des autres squatts, et de ne pas se cantonner dans un silence inadmissible. Le Conseil d’Etat permettra-t-il oui ou non l’évacuation illégale des 80 personnes résidant à RHINO, en toute connaissance de cause ? Dans l’affirmative, nous pensons qu’un tel déni de justice jetterait un discrédit irréparable sur les institutions de notre canton.
Alors que la crise du logement n’a jamais été aussi grave qu’à présent, nous demandons au Conseil d’Etat de surseoir à toute évacuation sans offre de relogement.
Nous appelons également les partis politiques à exposer leur avis sur la situation.
Les évènements de ce jour doivent servir d’avertissement à la population entière : Aujourd’hui les squatteurs, demain les mauvais payeurs, pourquoi se gêner lorsqu’on a l’impunité ? Pourquoi ne pas fermer les tribunaux si leur travail est méprisé ? Genève se doit de réagir envers la situation présente, sans délai.
En dédaignant la justice, Daniel Zappelli a brisé la paix des squatts. Les troubles de l’ordre public et les déprédations de cette journée et de cette nuit n’ont rien à voir ni avec le Collectif RHINO, ni avec son mode d’action, et nous regrettons, comme tous, ces réactions excessives. Leur cause, cependant doit être clairement attribuée à la politique du Procureur Général.
1er rassemblement : jeudi 12 juillet à 18h00 devant la corne.



