Genève ::: L'usine ptr («post tenebras rock») soutient les squats
Par _ le samedi 14 juillet 2007, 12:32 - Squat RHINO - Lien permanent
«Genève, ville propre! Genève, ville morte! Squats et culture: la ville en danger». L'association L'Usine, qui gère le célèbre centre culturel autogéré genevois, prend position au sujet de l'évacuation des squats de «Kalvingrad», rebaptisée pour l'occasion «Amnésiastadt».

Suite à l'évacuation des habitants du squat de la Tour et des rumeurs annonçant l'imminente disparition de Rhino, L'Usine ne peut rester silencieuse.
Elle déplore la disparition soudaine du squat de la Tour, de sa crêche et de son précieux Infokiosk, pleurera probablement bientôt l'absence de programmation de la Cave 12, de l'espace de convivialité du Bistr'Ok (de ses repas, concerts, lectures et débats).
Elle dénonce cette nouvelle manière d'évacuation violente, inaugurée l'hiver dernier au boulevard St-Georges à la Maison Blardonne, qui consiste à interpeller et arrêter les occupants sous le chef d'accusation de «flagrant délit de violation de domicile» pour faire constater l'absence d'habitants par un huissier et permettre le saccage des lieux pour empêcher toute nouvelle occupation, vidant sauvagement les affaires des anciens habitants.
Elle soutient les habitants de Rhino et s'inquiète de cette manière de plus en plus autoritaire et sans appel de faire disparaître un à un les squats par des interventions musclées. Alors que même le tribunal fédéral préférerait voir l'affaire Rhino se régler à travers la voie civile, l'attitude du Procureur général Daniel Zappelli (qui a fait publiquement savoir qu'une de ses missions principales serait de «nettoyer» la ville de tous ses squats) et le silence des politiques à ce sujet ne peuvent que renforcer cette inquiétude.
Imaginant la prochaine disparition d'Artamis (annoncée par des rumeurs pour la fin de l'été) et s'interrogeant sur sa propre place dans la cité, L'Usine déplore que ce désir d'un espace urbain aseptisé prenne le pas sur le formidable élan et les propositions culturelles et sociales que représentent une poignée de citoyens qui tentent de proposer des alternatives au mode de vie conventionnel et résistent à une monoculture de plus en plus dominante.
Elle imagine le gris uniforme que Genève se propose d'offrir à ses citoyens et citoyennes et espère qu'il existe encore quelque part dans l'esprit de celles et ceux qui débattent de son avenir autre chose qu'un délire paranoïaque qui ne peut qu'alimenter l'insatisfaction de celles et ceux qui n'auront désormais que la rue pour exprimer leur différence.
A force de s'auto-nettoyer, Genève (qui pourrait aujourd'hui être rebaptisée «Amnésiastadt», tant son désir de renier ce dont elle s'est enorgueillie pendant de nombreuses années est aujourd'hui profond) deviendra peut-être la ville la plus propre d'Europe, satisfaisant enfin celles et ceux qui tentent de faire croire à la population que tout ce qui s'écarte des sentiers battus n'est qu'un terrain sauvage dont les mauvaises herbes gâchent le paysage et créent un terrain propice à l'expression d'une intolérable insécurité.
Dans ce contexte navrant, L'Usine se souvient...
- De ses origines en 1985 (année de Jeunesse) au squat du Conseil Général.
- De l'esprit d'ouverture des autorités d'alors envers une culture plus expérimentale qu'institutionnelle et cette conscience que celle-ci naissait dans des caves et des lieux laissés à l'abandon que la passion de quelques-uns faisait renaître pour leur offrir une nouvelle existence. Claude Haegi (alors conseiller administratif libéral) ne s'y était pas trompé. En proposant les fameux «contrats de confiance» (des sortes de squats autorisés) , il mettait en pratique le désir de conciliation et de dialogue des autorités et leur volonté de préserver à tout prix la paix sociale (contrairement à Zürich ou Lausanne qui, à la même période, avaient choisi la voie de la fermeté absolue et de l'affrontement violent). De cette volonté et du désir de celles et ceux qui ont fait naître l'association Etat d'Urgences (et avaient rebaptisé Genève «Kalvingrad») est apparue L'Usine. Dans le climat actuel, aussi répressif qu'expéditif, cette initiative ne serait pas envisageable.
Dans le désordre, L'Usine se souvient également...
- D'une visite du réseau alternatif organisée par l'actuel Conseiller administratif Manuel Tornare, qui voulait en faire découvrir les richesses à Bertrand Delanoë (actuel maire de Paris) en séjour à Genève.
- De nombreux artistes, musiciens et troupes qui y ont fait leurs premiers pas et qui aujourd'hui représentent Genève bien au-delà de ses murs.
- De celles et ceux qui, ayant pu expérimenter de nouvelles tentatives, ont enrichi Genève de leur expérience, entre autre dans les festivals tels que «La Bâtie» ou «Black Movie», au sein d'institutions comme la TSR ou la RSR, au Conseil municipal ou dans divers départements de l'Administration.
- D'un paysage urbain riche et varié, allant du plus sauvage au plus institutionnel, d'une proposition culturelle diversifiée, offrant aux plus démunis la possibilité de boire, de voir, découter, de rencontrer, de s'intégrer, de se confronter, de participer.
- De quelques représentations «Troyennes» d'Euripide dans un squat de l'avenue du Mail (stage dirigé par le défunt Claude Straz pour l'école supérieur d'Art dramatique), d'un «Festival Solo», d'un concert des «Young Gods» ou des «Reines Prochaines» et d'un «Cabaret d'Avant-Guerre» à la Cave 12, d'un «Ubu Roi» du Teatro Malandro au Théâtre du Garage, d'un «Ecran Libre» du CInéma Spoutnik aux Singes à St-Jean, d'un lever de soleil au squat des Brigittes après une soirée «copines»... et encore d'Argand et de Pavillon Noir, de Coutance et de l'Îlot 13, de Lissignol , du Madone Bar, du Goulet, des Bandito et de bien d'autres encore. De toutes ces propositions sociales et culturelles... Et de sa tristesse infinie à chaque disparition.
Genève, 13 juillet 2007



Commentaires
on se souviendra de soirées memorables qui on marquées la culture alternative a Genève, ex: les DOGS a Argand, KILLING JOKE a Argand, BERURIER NOIR et LUKRATE MILK a l Entrepot a la Terrassière, LUDWING VON 88, WASHINGTON DEAD CATS, CRO MAGS, PARABELLUM, D.I, DOA,etc a la cave de l ilot 13, NEKROMANTIX, NASHVILLE PUSSY, THE DISTILLERS, METAL URBAIN etc, a Bellevue Punx Chalet des Chènes. A la cave du squat de Argand en 1982 a 1984, a la cave de l ilot 13 de 1986 a 1998, et a la cave de Bellevue Punx de 1999 a 2005, on y touvait une programmation d enfer dans ces lieux mytiques. Ces concerts on les doit a une personne qui pendant des années a organiser plusieurs centaines de concerts: Phil Aeby. Biensur il y a eu d autres lieu alternatif a Genève, mais jamais la programmation et l ambiance a été aussi carton que dans les lieux ou Phil organisait ces soirées. Si il y a bien une personne a Genève qui mérite la palme d or des lieux underground, on est tous O.K pour dire quelle revient a Phil.
La culture underground en Europe doit beaucoup au mouvement squat. Début des années 80s les squats avaient une tendance culturelle et engagée voir anarcho , il y avait de véritables connections entre Genève, Paris, Berlin, Zurich, et autres villes en Europe surtout dans le domaine de la musique underground ( rock alternatif, punk, expérimental etc) Phil fait partie de cet génération punk avec des idéaux autonommes, cet a dire, demerde, avec peu de moyen, et fait le toi mème et maintenant. Par la suite les squats sont devenus un phénomène de masse, donc ouvert a tous et surtout n importe qui , trops de personnes sans convictions politiques se sont incrustés la solidarité du début a disparue et le mouvement a été décimé.